jeudi 22 février 2018

Brand New Mixtape 2018 - "Rebel Love" by Raggadikal Sound

**Rebel Love** mixtape by Raggadikal Sound (2018)
selected by Simba - mixed by Natural Mat
artwork by Tidouz

>> FREE DOWNLOAD: 4th march 2018 <<

listen & download *Rebel Love* 

vendredi 16 février 2018

SOJA - Interview

Depuis le 27 octobre, les américains de SOJA ont un sixième album studio en poche, Poetry in Motion. Celui-ci a été enregistré au Dave Matthews Band’s studio, chez eux, en Virginie, pour révéler toute la poésie de cette nouvelle mixture. Après le remarquable Amid The Noise and Haste, où figuraient notamment les hits « Your Song » avec Damian Marley, « I Believe » avec Michael Franti et Nahko, le groupe en a aussi profité pour réaliser, l’année dernière, l’album Live in Virginia.  Interview avec Jacob Hemphill à propos de la musique toujours en perpétuel mouvement de SOJA.

Il y a trois ans sortait Amid The Noise and Haste. Comment est né son successeur, Poetry in Motion ?
Alors que jusqu’ici le processus consistait pour le groupe à se retrouver dans une petite pièce pour écrire et enregistrer la musique ensemble, pour cet album, nous avons écrit et enregistré ensemble au Dave Matthews Band’s studio, dans les bois en Virginie. Pour nous, c’était incroyablement amusant et inspirant de le faire de cette manière, tous ensemble en tant que groupe dans un studio.

Il se passe deux ou trois ans maximum entre chaque album de SOJA, on peut dire que vous êtes plutôt réguliers ! Comment procédez-vous pour travailler sur un album ?
Il n’y a pas vraiment de planification. Je suppose que j’écris constamment de la musique et des paroles. J’ai toujours des cahiers remplis de chansons que nous utiliserons peut-être un jour, ou pas… Le réel processus est de mettre l’album complet en place ensemble avec tout le groupe.

Que signifie le titre Poetry in Motion ? Quel est le thème de cet album ?
Poetry in Motion parle de nous, l’espèce humaine. Nous sommes beaux, nous sommes la poésie qui est en mouvement pendant que la Terre tourne. Nous sommes les gardiens de cette Terre et de tout ce qui vit ici et qui forme notre maison à tous. Mais quelque chose ne va pas… Quelque chose en nous a disparu… Voilà la question et l’objectif : comment revenir à la beauté de cette poésie et s’éloigner de tout le reste ?

Qui a réalisé le visuel assez énigmatique de la pochette ?
Une artiste originaire de Bangkok nommée Pomme Chan. Nous adorons travailler avec elle. Elle est excellente !

Pourquoi avoir repris les paroles de « Lucid Dreams » (feat. Nahko sur Amid The Noise and Haste) sur le titre « I Can’t Stop Dreaming » ?
Nous avons commencé à jouer « Lucid Dreams » avec le groupe et avons créé de nouveaux arrangements. J’adorais tellement les paroles de l’originale que nous avons décidé d’en faire une nouvelle chanson. Le résultat donne « I Can’t Stop Dreaming ».

« To Whom Make It Concern » est une chanson de l’EP Stars and Stripes, sorti en 2008…
C’est une des favorites de nos fans en concert. Nous avons redessiné une grande partie de l’instrumentale depuis la sortie de l’EP, tous les fans n’en sont pas forcément conscients. Nous avons donc fait une nouvelle version et la ressortons ici.

Allez-vous faire des clips de certaines chansons de Poetry in Motion ? Lesquelles ?
Oui, nous avons déjà fait plusieurs vidéos et songeons encore à quelques-unes. Je n’ai pas envie de toutes les révéler maintenant, mais il est notamment question des vidéos de « More » et « Fire In The Sky »…

Il y a un an, nous avons pu découvrir votre premier album live, Live in Virginia, enregistré en juin 2016 au Wolf Trap National Park. Qu’est-ce qui vous a décidés à faire cet album live sur cette tournée ?
Ça nous a semblé être le bon moment pour nous et nous étions ravis de le faire dans un lieu où nous allions tous étant enfants. La Virginie est notre maison, il était logique et agréable de le faire là-bas.

Pourquoi n’avez-vous pas enregistré d’album live auparavavant ?
Je ne suis pas sûr que ce soit vraiment le premier… Nous avons fait le DVD Live in Hawaii et enregistré d’autres shows live. Là, le moment et la vibe étaient les bons, nous l’avons fait naturellement.

Pourquoi Live in Virginia est-il uniquement disponible en digital ?
Pas de raison particulière. Nous en sortirons peut-être une version physique un jour…

Cet album live a été nominé au Grammy Awards dans la catégorie « meilleur album reggae » l’année dernière, comme Amid The Noise and Haste en 2015. Que représentent ces nominations pour le groupe ?
Bien que nous ne fassions pas de la musique pour gagner des prix, les nominations aux Grammys Awards sont incroyablement gratifiantes. Nous sommes également honorés car les Grammys sont sélectionnés et votés par nos collègues musiciens et producteurs. C’est la reconnaissance de nos pairs, ce sera toujours spécial pour nous.

Quand serez-vous en concert en Europe ?
Bientôt… En 2018 !

Pour finir, que souhaites-tu dire aux lecteurs de Reggae Vibes ?
Merci à vous de lire cette interview et d’avoir un intérêt pour SOJA et pour le reggae en général. Une des plus belles choses que nous avons découverte en voyageant tout autour du monde, c’est que le reggae est un langage universel qui résonne et qui est compris et ressenti dans le monde entier. Nous sommes bénis de pouvoir en jouer !

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine #57 - décembre 2017/janvier 2018)

mardi 13 février 2018

Salim Jah Peter

Salim Jah Peter commence en tant que danseur-chorégraphe entre 1989 et 1993, au Niger. Il chante déjà dès qu’il le peut, rencontre Dada Leyni, qu’il considère comme son parrain, et d’autres qui contribueront à renforcer sa persévérance artistique, notamment Rita Marley et Fela Kuti. Son nouvel album, Nature, est sorti le 3 novembre.
Salim Jah Peter part à Abidjan, où il intègre le groupe Mystic Vibration de 1994 à 1998, puis crée Mystic Ténéré qui tournera dans bon nombre de pays africains. S’il quitte pendant plus de dix ans le Niger pour la Côte d’Ivoire, c’est parce que la tradition ne lui permet pas de chanter, s’opposant à ce qui était attendu de lui. Influencé aussi bien par la musique expérimentale que traditionnelle, l’afrobeat, le blues africain et, bien sûr, le reggae roots, Salim Jah Peter embrasse pleinement la foi rasta. Son premier single sort à son retour au Niger, en 2003, « Le Message de Jah ». L’année suivante, il s’installe à Paris. Son premier album, Les Vautours, paru en 2007, dénonce la corruption omniprésente. Il est mal accueilli par les politiciens du Niger et le chanteur se retrouve interdit de séjour dans le pays durant trois années. En 2009 sort Hold Up de Pouvoir, en réaction à la situation sociale et économique nigérienne des plus inquiétantes, le pays comptant parmi les plus pauvres au monde. Cet album est censuré dès sa sortie. Après le coup d’état du 18 février 2010, il revient au Niger pour une tournée sur l’ensemble du territoire, portée par le projet La Caravane pour la paix, la démocratie et la réconciliation nationale. « Je milite pour la liberté des hommes à penser, créer et disposer d'eux-mêmes. Je chante les espoirs et les interrogations de ceux qui n’ont pas la parole. L’objectif de ce projet était également de sensibiliser la population à la non-violence pendant les élections… »
C’est au cours de cette tournée qu’il se rend compte de l’état de son pays, concernant les déchets et la protection de l’environnement. Il commence alors à travailler sur l’album Nature. Il sera aussi le dernier album enregistré au studio Davout… 15 titres mis en boîte avec Clément Tamal et une belle équipe de musiciens, qui convient également quelques voix bien appréciées, Winston McAnuff, Lyricson, Devi Reed, Cheik Tidiane Seck… « Plus que jamais la protection de la planète nous concerne tous ! Ce projet Nature Eco France Afrique, avec l’association Racines Profondes, peut également s’appeler Tournée Nature Eco. Son lancement a eu lieu au Bénin en juin dernier. Nous en avons tiré un film de dix minutes, Des Racines pour l’avenir, que nous présentons lors de ces évènements. (…) Nous travaillons sur des projets à long terme au Niger, de transformation des déchets, de création d’emplois pour les femmes veuves et les handicapés… Je souhaite donner des spectacles pour informer la jeunesse sur les dangers de cette pollution. Il y aura un grand évènement Nature Eco Noël, en décembre ou janvier, avec la mairie de Paris. Je vous invite également à venir avec nous ramasser les déchets nuisibles ! Nous nous rendons dans douze pays d’Afrique, en commençant par le Niger, avec quinze dates fin janvier 2018, et nous attendons le retour d’une cinquantaine de villes en France… Tous les détails seront sur nos pages :  www.facebook.com/salimjahpeter et www.facebook.com/racinesprofondes. One Love Reggae Vibes ! »

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine #57 - décembre 2017/janvier 2018)

samedi 10 février 2018

Jaqee

Le 29 septembre dernier est sorti le nouvel album de Jaqee, nommé Fly High. Le septième en douze ans, où la chanteuse en profite pour continuer d’explorer tous les styles qui titillent ses cordes vocales, sortir des sentiers battus et se révéler à elle-même, aussi bien en tant qu’artiste qu’en tant que femme.
Née en Ouganda, Jaqee a passé une bonne partie de sa vie en Suède et réside actuellement en Allemagne. Son premier album, Blagalixious, principalement marqué par le blues et la soul, a vu le jour en 2005. Bien déterminée à vivre sa passion pleinement et sans aucune retenue, les albums suivants lui permettent de toucher à tous les styles qu’elle affectionne, notamment le reggae et le dancehall : Nouvelle d’Amour (2007), Letter To Billie (hommage à Billie Holiday, 2008), Kokoo Girl (2009), Land Of The Free (2010) et Yes I Am (2013). En voici venu un tout nouveau aux multiples couleurs : Fly High. Toujours en perpétuel mouvement, elle est le genre d’artiste à qui il est impossible de coller une étiquette ! De l’acoustique au dancehall, en passant par la soul et l’électro, Fly High réunit vigoureusement une multitude de sonorités, sublimée par la voix singulière de la chanteuse. Le résultat donne un album puissant et authentique, énergique et très ouvert, sur lequel on peut retrouver les titres déjà clipés « Fly High », « Miracle », « Lullaby » et « Hello », mais aussi découvrir de véritables dancehall hits, « Tambuula », « Oh Sister », ou encore « Zola’s Dance », berceuse écrite pour sa fille… C’est d’ailleurs lorsqu’elle était enceinte qu’elle a commencé à travailler sur cet album. En quête de compréhension de ce que nous sommes vraiment, Jaqee s’est mise à écrire ses nouvelles chansons en souhaitait éclaircir les côtés les plus sombres de son existence. La majeure partie en a ensuite été enregistrée à Berlin, quelques cordes et cuivres en Suède, et quelques parties en Ouganda. « Mes albums sont toujours personnels. C’est plutôt l’approche quand j’écris qui nuance l’expression. Pour Fly High, je me sentais à la fois très vulnérable et très forte. Vulnérable, par rapport à toute la logistique que nécessite la vie de famille, tout comme la réalisation d’un album. Coordonner ces deux univers est un défi plutôt amusant. Et forte, parce que la maternité m’a montré la force et la beauté que possèdent le corps et l’esprit féminins. Les femmes sont à la fois douces et fortes. Nous devons nous faire confiance et nous soutenir davantage les unes et les autres. (…) Les thèmes des chansons de Fly High tournent autour de la vie en général, avec ses bas, ses moyens et ses hauts, en quelque sorte. Je pense que c’est mon meilleur album. Il a vraiment un groove puissant, immédiat et émotionnel. J’aime grandir et ne pas me répéter artistiquement ! » Jaqee et ses musiciens devraient être en concert en France l’année prochaine. D’ici-là, soyez prêt à vous envoler très très haut !

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine #57 - décembre 2017/janvier 2018)

mercredi 7 février 2018

Wailing Trees

Deux ans après la sortie de The World Go Round, les sept musiciens de Wailing Trees sont de retour avec un nouvel opus, Change We Need, disponible depuis le 12 mai dernier. Toujours aussi éclectique, le groupe a mûri son style, comme en donnent un excellent aperçu les clips déjà sur la toile du titre éponyme et de « What A Gwaan? ». 
« Change We Need est la suite logique de The World Go Round. Le premier était une sorte de fresque, le second est comme une photo. Dans ce nouvel album, nous avons voulu décrire nos réactions face à tout ce qui a pu se passer dans le monde ces dernières années. Nous avons cherché à faire un album plus épuré, avec un son plus moderne et une direction artistique actuelle, c’est pourquoi nous avons fait appel à Umberto Echo pour le mix (Dub Inc, Jah Gaïa, Sara Lugo…). Les premiers brouillons ont été élaborés vers octobre 2015, mais le vrai travail de composition a démarré au printemps suivant. Nous avons aussi voulu évoquer tous les changements qui se sont passés dans le groupe depuis The World Go Round, en l’occurrence deux nouveaux membres, une nouvelle manière d’appréhender la musique et la production… Le morceau « Change We Need » est assez emblématique et correspond à la thématique générale de l’album. Le monde a vraiment besoin d’un élan positif et collectif dans tous les domaines pour amorcer un changement global qui mettrait le bonheur des humains au centre des questions essentielles. Nous ne sommes pas une part de marché, des codes-barres, du bétail ou des statistiques… Nous sommes les habitants d’une planète qui mérite qu’on la respecte, comme chacun de ses hôtes. (…) Les prises ont eu lieu dans un studio lyonnais qui s’appelle Woodlark Studio. En terme de son, nous avons le sentiment d’avoir franchi un cap et d’avoir une production qui se rapproche de la musique que nous écoutons. Dans l’ancien album, on voyageait beaucoup au sein d’un seul morceau, avec des parties différentes et des choix parfois un peu complexes. Dans celui-ci, le chemin se fait plus posément au fil de l’écoute, avec des titres qui vont davantage à l’essentiel et des esthétiques plus assumées. L’évolution qui existe entre les deux albums se ressent encore plus en concert. Le show est très énergique et musical. Avec toute la route que nous avons déjà fait ensemble, nous avons une réelle connexion sur scène, entre nous et avec le public. Notre vraie force se trouve sur scène ! Chacun a son mot à dire, avec ses propres parties de solo. Nous faisons beaucoup participer le public, afin que chaque soir soit différent. Nous avons travaillé le son, la lumière et même la mise en scène pour offrir un spectacle qui marque les esprits. Nous allons bientôt commencer à prendre du temps pour composer un autre album, mais nous avons très envie de sortir encore plusieurs clips, tout en nous concentrant sur les dates qui arrivent, pour continuer à présenter Change We Need. La tournée continue ! »

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine #57 - décembre 2017/janvier 2018)

jeudi 30 novembre 2017

Straïka D - Interview

Parmi les artistes incontournables de la scène française, on ne présente plus Straika D, dont les débuts remontent à 1991 en Martinique. Après bon nombre de singles, de participation à des one riddims et des concerts incessants, Straika D vient de sortir Cœur de Feu, un nouvel album à écouter d’urgence, disponible sur toutes les plateformes de téléchargement. La flamme continue de brûler.

Voilà déjà plus de vingt-cinq ans que tu fais du reggae ! Que penses-tu de ton parcours ?
J’en suis plutôt satisfait. J’ai commencé assez jeune et je me rends compte qu’au fur à mesure j’ai avancé et progressé dans mon art. Je suis vraiment très satisfait de mon parcours dans l’ensemble.

Quels sont les souvenirs les plus marquants qui te viennent à l’esprit ?
Déjà, toute la période où j’ai débuté, en Martinique, les rencontres avec les pionniers du mouvement, comme MC Janik, Metal Sound… Je me souviens notamment d’un freestyle de Daddy Yod et MC Solaar alors que j’étais animateur radio ! Ce sont toutes ces rencontres-là qui m’ont donné envie de prendre ce chemin. Les sorties d’albums ont aussi été des moments marquants, comme celle de mon premier album Free D.O.M., en 2004… La première fois qu’un de mes morceaux est apparu sur une compilation, c’était en 1993 ! La musique m’a emmené assez loin. J’ai eu la chance de chanter en Afrique, notamment en Ethiopie, en Ouganda, au Sénégal… Ça fait partie des grands moments aussi.

As-tu une idée du nombre de chansons que tu as écrit depuis ?
Entre celles qui sont sorties et celles qui ne sont pas sorties, ça en fait tellement ! Plusieurs centaines, je dirais… J’ai écrit ma première chanson vers l’âge de 12 ans.

Ton nouvel album, Cœur de Feu, vient de sortir le 22 mai. Ce ne serait donc que ton deuxième album ?
Oui, on peut dire que c’est mon deuxième album solo, dans le sens où il a été travaillé avec un seul compositeur et pensé en tant qu’album. Je considère Hits 2 Hts comme un album, même si c’était une compilation de titres qui étaient déjà sortis en single avec quelques inédits. Sinon, il y a eu celui avec Matinda et Yaniss Odua, High Tunes.

Pourquoi s’est-il passé autant de temps entre Free D.O.M. et ce nouvel album ?
Etant donné que je suis assez productif en matière de singles et de mixtapes, je n’ai pas vraiment ressenti le besoin de me concentrer sur un projet perso avant, en fait. Au bout d’un moment vient l’envie de présenter quelque chose de différent. Travailler avec un seul compositeur sur douze titres permet aussi de pouvoir mettre en place un show live cohérent qui plaise au public.

Qui a composé les instrumentales ?
Hervé Castelnau, un compositeur de La Réunion que j’ai rencontré il y a trois ans. C’est à ce moment-là que nous avons commencé à travailler sur l’album.

Au niveau des textes, quelles ont été tes sources d’inspiration ?
C’est un album un peu plus intimiste, où j’en dis davantage sur moi, où je parle de ce que j’ai vu et vécu… Par exemple, « I Love You » est une chanson que j’ai écrite pour mon fils. C’est un peu un cahier d’expériences vécues ces dernières années que je souhaite partager avec les gens. J’ai, en quelque sorte, voulu les exprimer en les posant sur la table et en leur donnant vie par la musique. Les enregistrements des voix ont eu lieu sur Paris, au Studio Tell Them, étalés sur deux à trois ans.

Pourquoi ce titre de Cœur de Feu ?
Cœur de Feu, parce que le reggae est une musique caribéenne, qui vient du cœur et du soleil. C’est une référence au soleil et à tout ce qu’il représente.

On retrouve des sons roots, du dancehall, du français, du créole… As-tu toujours autant envie de toucher à toute la diversité qui existe dans le reggae ?
Oui, ça me permet d’explorer et je ne vois pas me limiter à un seul style. Le reggae est mon univers mais j’ai toujours aimé le hip-hop aussi. Je fais les choses comme elles me viennent, naturellement…

Quelle évolution constates-tu entre Free D.O.M. et Cœur de Feu ?
C’est différent car la réalisation de l’album Free D.O.M. a été une école pour moi. C’est Tyrone Downie des Wailers qui avait réalisé cet album. Tout ce que j’ai appris, et le temps de mûrir tout ça, j’ai essayé de le mettre en pratique sur Cœur de Feu.

Plusieurs clips sont déjà sortis…
Oui, le premier a été « Nos Rêves », ensuite « Cratère » et « Ça vaut de l’or ». D’autres ont été tournés mais pas encore diffusés…

Sur quoi travailles-tu en ce moment ?
Je bosse sur de la production, je compose des riddims et enregistre des artistes. Il y a quelques sons qui vont sortir sur mon label Straikadisk prochainement. Je ne peux pas dire quand, mais ça avance !

Que penses-tu de l’évolution du reggae depuis que tu en écoutes ?
C’est une musique qui sait se renouveler et garder ses bases également. Il y a toujours une scène très vivante, aussi bien roots que dancehall. C’est un mouvement en perpétuelle progression, c’est ce qui le rend intéressant.

Et que penses-tu du public reggae ?
Je vois de plus en plus de supporters de la scène reggae, de plus en plus de festivals… Même si ce n’est pas une musique mainstream, il y a toujours des gens pour la soutenir, un phénomène de transmission existe… Il ne s’épuise pas et c’est plutôt motivant. Big up à vous !

Simba
(pour Reggae Vibes Magazine #56 - octobre/novembre 2017)

lundi 27 novembre 2017

Chronixx - Chronology (Zincfence)

Qui n’est pas tombé amoureux de la voix de Chronixx dès la première chanson entendue ?! On attendait avec impatience un premier album du chanteur, après une pelletée de singles plus que prometteurs pas prêts de tomber aux oubliettes, le terrible EP Dread and Terrible et quelques mixtapes ultra-convaincantes, dont Start A Fyah et Roots & Chalice. Depuis 2012, Chronixx nous a éblouis par ses talents vocaux, au point d’être vu comme le meilleur prétendant pour attiser la flamme du reggae à son plus haut niveau et marcher sur les pas de l’éternel Bob Marley… Il aura quand même fallu cinq ans pour voir arriver Chronology. Sorti en juillet, cet opus se devait de tenir toutes les promesses et les espoirs que porte la nouvelle génération du reggae. Lourde tâche, quoi qu’il en soit. Le titre de l’album est de circonstance – faut-il rappeler que Chronicle est son père ? Seize morceaux sont réunis ici, de cette patte reggae revival qui offre respectueusement un renouveau bien actuel au reggae roots. Avec des messages conscients, des réflexions sensées, des considérations rastas et des sentiments exprimés, le chanteur a conçu un album très riche. C’est ce qui rend nécessaire plusieurs écoutes pour pouvoir pleinement s’en imprégner. Rien de trop facile et prévisible, la musique se doit d’être travaillée soigneusement et cela se ressent chaque minute. Une fois qu’on s’est laissé prendre dans cette chronologie, les vibrations révèlent toutes leurs mesures. Le fond et la forme se rencontrent au sein des seize histoires que raconte celui qu’on appelait autrefois Little Chronicle. Un seul invité au micro, et il est on ne peut plus logique qu’il s’agisse de son paternel, sur l’excellent « Big Bad Sound ». Les singles « Majesty » et « Likes » sont déjà dans nos tablettes. Le premier album de Chronixx existe désormais dans l’histoire  et il est bon de se dire que ce n’est que le début !

Simba

Tracklist :
01. Spanish Town Rockin’
02. Big Bad Sound feat. Chronicle
03. Skankin’ Sweet
04. Ghetto Paradise
05. Country Boy
06. Smile Jamaica
07. I Can
08. Selassie Children
09. Black Is Beautiful
10. Majesty
11. Loneliness
12. Likes
13. Tell Me Now
14. Legend
15. Christina
16. I Know Love

dimanche 12 novembre 2017

Subajah - Architect (autoproduction)

Après le déjà beaucoup apprécié Voice Of Freedom EP en 2013, Subajah a conçu un premier album, Architect, sorti en mars dernier, qui mérite d’en parler à son voisin. Ce chanteur basé à Londres, pas encore très connu sur notre territoire – ce qui ne devrait pas tarder à changer avec un tel talent et un tel album – fait du deep roots, qui offre en grande quantité de l’âme et des vibrations. Le rythme de l’ensemble est celui du cœur et il n’y a rien de plus apaisant. Architect fait référence à la puissance divine, comme à celle de l’homme qui bâtit son propre univers depuis des millénaires. Le titre éponyme démarre et termine l’écoute pour boucler parfaitement la boucle de cette première pierre maîtresse exprimant en toute sensibilité l’univers de Subajah. Il y a de quoi réfléchir et méditer. Le roots est parfaitement honoré et on sent la sincérité avec laquelle l’artiste fait sa musique accompagné du Architects Band. Des invités jamaïcains, Lutan Fyah et Addis Pablo, et aussi africains, Meta Dia et Youssouf Diabate, le londonien Bongo Kanny, et, comme le veut la tradition, des pistes dub qui clôturent l’album dans les plus grandes hauteurs… Quel plaisir, les singles « Walls Of Babylon », « Hold You » et « Free Mindz » font aussi partie de la tracklist ! Avec tout ça, vous imaginez bien qu’il serait dommage de passer à côté de ce disque !

Simba

Tracklist :
01. Architect
02. Farmers
03. Good Morning
04. Africa Is Calling feat. Youssouf Diabate
05. Walls Of Babylon
06. Jah Garden
07. Along The Way feat. Lutan Fyah
08. Steady feat. Meta Dia
09. Hold You
10. Keep It Royal feat. Bongo Kanny
11. Win Or Loose
12.  Free Minds
13. Words
14. Jah Garden dub
15. Farmers dub
16. Walls Of dub
17. Architect dub feat. Addis Pablo

lundi 6 novembre 2017

Chinese Man - Shikantaza (Chinese Man Records)

Si on peut commencer à dresser la liste des albums essentiels sortis en 2017, celui de Chinese Man vient évidemment à l’esprit. Ce n’est pas pour rien que les français sont un phénomène. Shikantaza est le genre d’album qu’on écoute sur la durée, dont on ne peut s’empêcher de laisser tourner un morceau ou la totalité, et qu’on conseille sans arrêt à qui veut bien l’entendre. Pas un seul maillon faible dans ces seize pistes qui frôlent la perfection ! A les écouter, dans l’ordre ou le désordre, le plaisir est toujours aussi bon. Chinese Man sait comment mélanger les genres, l’ancien et le moderne, en obtenant un son toujours authentique, parfaitement ficelé, qui envoie du lourd. Reggae, hip-hop, électro, dub… se mêlent et s’emmêlent, en en prenant juste ce qu’il faut en fonction de la mixture, à faire oublier les limites de chaque genre. (Il faut dire que l’album est rangé dans le rayon électro chez bon nombre de disquaires…) C’est ce talent qui leur permet de toucher vraiment tous ces publics, des plus puristes aux éclectiques. Impossible de résister, les rythmes sont entraînants, les sonorités enivrantes, les voix et les flows convaincants, les thèmes éclairants, sans oublier les samples au poil et les compositions pointues… Le voyage que propose Chinese Man est intense et énigmatique, c’est bien pour ça qu’on y revient sans cesse, en explorer tous les recoins – avec de bonnes basses de préférence. Plusieurs clips révèlent aussi en images l’univers de Chinese Man, à visionner sur la Toile : « Shikantaza », « Liar », « Escape », « Golden Age »… Pour apprécier pleinement les sons, les visuels et toutes les vibrations qui existent dans le vortex de l’Homme Chinois, à voir sur scène absolument !

Simba

Tracklist :
01. Shikantaza  
02. Liar feat. Kendra Morris & Dillon Cooper
03. Maläd           
04. Step Back    
05. The New Crown feat. A-F-R-O, A.S.M & Taiwan MC
06. Escape         
07. Stone Cold feat. Mariama
08. Modern Slave feat. R.A. The Rugged Man
09. Warriors      
10. What You Need feat. Vinnie DeWayne, Myke Bogan & Tre Redeau
11. Wolf              
12. Blah! feat. Youthstar, Taiwan MC & Illaman
13. Golden Age               
14. L'Aurore      
15. Anvoyé        
16. Good Night

mercredi 1 novembre 2017

Nattali Rize "Rebel Frequency" (Baco Records)

Il est des albums qu’on sait pertinemment, avant même de les avoir entendus, qu’ils ne passeront pas inaperçus et qu’ils laisseront des traces indélébiles sur leur passage. Les écoutes répétées ne font que le confirmer, Rebel Frequency de Nattali Rize fait partie de cette catégorie. Déjà, on se réjouit d’une nouvelle voix féminine dans le paysage, avec une identité forte, aussi bien dans son timbre et ses sonorités, que dans les thématiques qui lui tiennent à cœur. Nattali Rize a des choses à dire et à partager, ça ne fait pas le moindre doute, et elle compte bien les faire passer à travers une mixture musicale à laquelle il est presque impossible de résister. Les douze pistes de l’album laissent une large place à ces considérations tournées vers l’humanité et l’essence même de l’évolution des consciences. Il suffit de parcourir les titres pour s’en rendre compte. Bien qu’il s’agisse du premier album solo de cet artiste d’origine australienne, on a le fond et la forme, avec des rythmiques majoritairement new-roots et roots-reggae, qui font vibrer les instruments, relevées de temps à autre par une note d’électro (« Rebel Frequency »), sans oublier une pointe de dancehall et de dub (« Heart Of A Lion » feat. Notis, « Ever Rizing Dub »…). Ces fréquences rebelles sont comme une lumière qui éclaire la voie. Finalement, la seule chose qu’on regrette, c’est que l’album passe aussi vite ! Procurez-vous Rebel Frequency dès maintenant, l’ère rebelle est en marche…

Simba

(pour Reggae Vibes Magazine #55 - août/septembre 2017)