dimanche 22 octobre 2017

Lion D

L’italien Lion D vient de sortir, le 2 mai, un nouvel album intitulé Mandala, sur le label Sugar Cane Records. Inaugurant son nouveau pseudonyme, David Lion, il reflète toute la maturité acquise au long de quatre albums et plus de dix années de reggae au compteur. Le lion n’a pas fini d’arpenter les bonnes vibes.

Comment as-tu découvert le reggae ?
J’avais environ 16-17 ans quand j’ai découvert le reggae et tout a commencé après avoir vu une vidéo d’un concert de Bob Marley & The Wailers ! Je n’avais encore jamais vu ou entendu quelque chose comme ça avant, j’en suis tout de suite tombé amoureux !

Quelles sont tes principales influences musicales ?
J’ai eu beaucoup d’influences au fil des années et toutes ont joué un rôle important dans ma carrière. Elles m’ont construit et aidé à grandir pour devenir l’artiste que je suis aujourd’hui. La liste est longue et va des plus célèbres artistes reggae au ska, rocksteady, rub-a-dub, digital reggae, mais aussi new roots et un peu dancehall. Ces influences sont variées, je les ai intégrées et mélangées pour créer mon propre style, c’est pourquoi mon objectif principal est d’essayer d’être moi-même. Je ne veux pas sonner comme un autre artiste, je veux être vrai et authentique, unique.

Quelle est la première chanson que tu as enregistrée ? Ton premier concert ?
La première chanson que j’ai enregistrée a été « Keep The Fire Burnin’ » au Kaya Sound Studio à Rimini, sortie en 2006. Et le premier show, ça devait être un peu avant… A l’époque, je n’avais pas vraiment de groupe avec lequel je jouais, mais je faisais partie d’un sound system avec des amis et je prenais le micro pour ambiancer leurs événements dancehall.

On te connaît depuis longtemps en tant que Lion D. Quand as-tu décidé de changer de nom pour David Lion ? Et pourquoi ?
La vie est un voyage et la musique aussi. Dans la vie, tu apprends, tu grandis, tu te poses des questions, tu changes… J’ai récemment sorti un nouvel album, Mandala, sur un nouveau label, Sugar Cane Records. Je savais que cet album serait différent des précédents, donc j’ai senti que c’était le moment de changer, et ce nouveau nom reflète tous les changements et étapes que j’ai connus en tant qu’artiste et en tant qu’homme.

Tu as déjà sorti quatre albums depuis 2009 sous le nom Lion D (The Burning MelodyReap What You SowBring Back The VibesHeartical Soul). Belle discographie !
Pour être honnête, je ne la vois pas vraiment comme une discographie, je préfère la voir comme une image prise sous différentes perspectives… Pour moi, c’est plutôt un retour dans le passé, à travers l’espace et le temps, un voyage étape par étape, année après année, chanson après chanson, album après album, qui m’a amené là où je suis aujourd’hui… Et je suis sûr que le voyage a encore beaucoup à offrir !

Quel genre de musique voulais-tu pour ce nouvel album, Mandala ?
Mon but était de réaliser un album qui corresponde le mieux à ce moment particulier de ma carrière. Un reggae qui n’a pas perdu son authenticité, mais en même temps capable d’aller au-delà des limites du genre, un album avec des influences soul, pop et world… Vu que j’ai le privilège de collaborer avec des musiciens, auteurs et chanteurs passionnants, ce projet est aussi le résultat d’un super travail d’équipe.

Quand as-tu commencé à écrire les chansons de cet album ? Qu’est-ce qui t’a inspiré ?
J’ai commencé à travailler sur Mandala il y a environ un an. Ce qui m’a inspiré le plus pour écrire les chansons de cet album ? Entre autres, la vie, le monde dans lequel nous vivons, notre époque, ma situation actuelle, mes rêves et aspirations, mon habileté à lire entre les lignes…

Pourquoi avoir choisi le titre Mandala ? Que souhaitais-tu exprimer sur cet album ?
Un mandala est statique et dynamique en même temps. C’est un cercle qui capture l’image entière, le processus complet. Je pense avoir beaucoup changé, comme personne et comme artiste, et cela se reflète dans ma musique, dans l’écriture de mes chansons et mes différentes manières de chanter aussi… Je voulais représenter ce moment de changement, et comme je le mentionne dans le morceau final, m’ouvrir moi-même, me dévoiler comme un mandala et montrer mes vraies couleurs… Je souhaitais aussi aller au-delà des vieux stéréotypes du reggae, donc j’ai eu une approche totalement différente avec ce projet, comparé aux précédents. Je suis davantage moi-même sur cet album, plus humain et sincère, beaucoup plus mature… Ecoutez-le !

On retrouve la combinaison avec Anthony B « Peaceful Warrior » et aussi « Lost In The Desert » avec Jah Sun et Raphael. Comment as-tu choisi ces chanteurs pour ces featurings ?
A propos de « Lost In The Desert », je voulais une chanson capable d’incarner l’esprit de cette nouvelle équipe, Sugar Cane Records, donc j’ai choisi de travailler avec Jah Sun et Raphael, deux artistes du label. Pour « Peaceful Warrior », je cherchais vraiment un guerrier, j’ai logiquement opté pour l’original fireman Anthony B.

Qui a fait le visuel de la pochette ?
La pochette de l’album a été réalisée par l’illustrateur et designer graphique Alessandro Benassi.

As-tu des concerts prévus ? Avec quels musiciens joues-tu sur scène ?
Oui, l’été est la meilleure période pour les concerts et festivals. Malheureusement, je ne viens pas en France cet été, mais j’ai des concerts en Italie et en Europe ! Je tourne principalement avec mon groupe, The Sound Rebels, même si je suis parfois accompagné d’autres backing bands ou DJ.

Quels sont tes projets pour les prochains mois ?
Tourner autant que possible pour promotionner le nouvel album, Mandala. A côté de ça, il y a quelques nouveaux projets sur lesquels je travaille en studio, mais je ne peux rien dire pour l’instant… C’est trop tôt et je préfère garder le suspense !

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine #55 - août/septembre 2017)

mercredi 18 octobre 2017

Mark Wonder

Le 16 juin dernier est sorti le nouvel opus du jamaïcain Mark Wonder, Dragon Slayer, en CD et digital. Neuvième album à son actif, ce dernier, chez Irie Ites Records, est des plus aboutis. Composé avec les incontournables Roots Radics, ainsi qu’avec Mafia & Fluxy, son timbre de voix unique trouve sa place dans l’alliance parfaite des mélodies roots dont ils ont le secret et de ses messages conscients et sensés.
Mark Andrew Thompson est né à Kingston en Jamaïque. Ayant toujours baigné dans la musique, il commence sa carrière en 1985 et se renomme Mark Wonder, en hommage à son artiste favori, Stevie Wonder. C’est le roots and culture qui devient son style de prédilection, nourri par les pionniers du roots reggae, notamment Dennis Brown, Burning Spear ou encore Bob Andy, mais aussi fortement touché par les voix soul américaines de Curtis Mayfield, Sam Cooke, Marvin Gaye… Ses deux premiers albums sortent en 1998, Signs Of Time et Jeremiah. Il y aura ensuite Break The Ice (2005), Victory: The Mystery Unfolds (2007), Battle Axe EP (2009), True Story Of Mark Wonder (2010), Working Wonders (2012) et Scroll Of The Levite (2015).Deux décennies plus tard, le message reste le même. Ce qui importe pour lui est la vérité dans toutes ses dimensions, ainsi que l’amour et la paix. En défenseur de la foi rasta, ses propos militants rencontrent des mélodies puissantes, sans jamais manquer d’inspiration. Le chanteur a eu l’occasion, au fil des années, de travailler avec les plus actifs labels que nous connaissons, Addis Records, Al Ta Fa An, Oneness, Digital B, Irievibrations, Special Delivery… Tous ses albums sont disponibles sur les plateformes de téléchargement légal, posant également régulièrement sur les nouveaux riddims. C’est suite à sa prestation au Spring Fest d’Irie Ites en 2010 qu’ils commencent à enregistrer ensemble et à travailler sur un album. Toutes les pistes de Dragon Slayer ont été mis en boîte dans leur studio en France, sauf un, au Big Dread Studio à Kingston. Surnommé fréquemment le Dragon Slayer, la chanson éponyme intitule logiquement ce nouvel opus, toujours aussi déterminé et combatif. Voilà qui mérite qu’on souligne que Mark Wonder est le genre d’artiste sur lequel on peut compter, aussi bien sur la durée qu’en terme de qualité. Vivement recommandé !

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine #55 - août/septembre 2017)

dimanche 15 octobre 2017

Jah Sun

L’américain Jah Sun vient de sortir un nouvel album, Between The Lines, sur Sugar Cane Records. Dix ans se sont écoulés depuis The Height Of Light, le premier opus, qui lui ont permis d’affirmer son style et son talent, accumulant progressivement une poignée de hits incontournables, dont « Foundation » avec Kabaka Pyramid, « Ganjah Don » avec Alborosie ou encore « Never Give Up ».
C’est dans le hip-hop qu’il fait ses premières armes, devenant très tôt MC, et, vers l’âge de 15 ans, il commence déjà à prendre la musique très au sérieux. On l’appelle alors Majai. Lorsqu’il s’oriente un peu plus tard vers le reggae, découvrant toute sa richesse artistique ainsi que la culture Rastafari, il reprend alors son véritable prénom, Jason, avant d’opter finalement pour Jah Sun. Son premier album sort en 2006, The Height Of Light, laissant entendre les traces de son passage du hip-hop vers le reggae, notamment au niveau du chant. D’autres lui succèdent : Battle The Dragon (2012), Rise As One (2013) et New Paradigm (2015), qui lui permettent de jouer dans plus d’une vingtaine de pays dans le monde ! Le nouvel opus s’intitule Between The Lines, chez Sugar Cane Records, disponible sur les plateformes de téléchargement digital depuis le 28 avril. De l’hiver 2015 jusqu’à fin 2016, il planche sur ce nouvel album, qu’il veut le reflet de son évolution et de toutes ses inspirations musicales. Enregistré au Prairie Sun Studio à Cotati, Californie, studio vintage et analogique, le chanteur a sollicité les musiciens de Dubtonic Kru, House Of Riddim, Sugar Cane, et aussi invité le Shengen Clan, Dean Fraser et Nikki Burt, pour donner brillamment vie à ces nouvelles vibrations. « Cet album représente pour moi un tournant, musicalement et personnellement. J’ai connu beaucoup de changements et je voulais un album qui ne soit pas uniquement reggae, mais qui exprime aussi mes autres influences. Après vingt-deux ans à porter des dreadlocks, j’ai pris la décision de les couper… C’était une question importante pour moi car je me sentais vraiment connecté à ma personnalité avec elles. Mais j’ai senti au fond de moi-même que c’était le bon moment. (…) Toutes les chansons ont été écrites différemment. Ça dépend de ce qui me vient. Certaines semblent s’écrire d’elles-mêmes, en fonction de ce qu’il se passe autour. Ce sont les expériences de la vie qui font naître les chansons. J’essaie d’y mettre des vibrations positives, un peu d’espoir et de réflexion, que nous partageons ensuite en live avec le public. La tournée européenne commence avec le Summerjam Festival en Allemagne. Je serai en Europe jusqu’à la mi-août. Nous avons ensuite une tournée aux Etats-Unis et en Amérique Latine… La mission continue ! »

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine #55 - août/septembre 2017)

jeudi 12 octobre 2017

Yoha and The Dragon Tribe

Du nouveau chez nous, avec le premier album de Yoha and The Dragon Tribe. Sorti en autoproduction, The Sound Of My Soul exprime avec sincérité toutes les vibrations qui hantent Yoha et sa tribu de musiciens.
Influencé principalement par le reggae et la soul, Yoha fait de la scène depuis 2007 avec son ancien groupe S.A.I. Il commence à apprendre la batterie à l’âge de 5 ans, puis le xylophone, en école de musique, jusqu’à ses 15 ans. A 9 ans, il se met au piano en autodidacte et donne des concerts avec son père et sa sœur, lors d’événements publics. Première expérience de groupe, pendant presque cinq ans, il joue au sein d’une formation jazz. C’est à l’âge de 21 ans qu’il démarre la guitare et le chant, seul dans sa chambre. Il arrête alors les études pour se lancer à corps perdu dans la musique et crée le groupe S.A.I. en 2006, qui réalisera plus de 400 concerts et 4 albums jusqu’en 2014. En solo, il enregistre en parallèle un album de reprises de Bob Marley. Nouvelle aventure, au côté de Yoha au chant, à la guitare et à la flûte, la Dragon Tribe est composée de Kalam à la batterie, Pedro aux claviers et percussions, Anissa aux chœurs, piano et mélodica, Nissay aux chœurs et à la guitare, Phil à la guitare ryhtmique, Nordine à la basse et Laurent au violoncelle. C’est parce que le dragon est un animal emblématique, légendaire et mystique, notamment en Asie, qu’ils l’ont choisi pour désigner leur tribu. Le premier album de Yoha and The Dragon Tribe, The Sound Of My Soul, est sorti le 13 mai dernier en CD, suivi de peu par sa sortie digitale sur toutes les plateformes de téléchargement. Certains titres remontent à 2008, d’autres ont été composés plus récemment, avec toujours pour inspiration ce qui vient de l’âme. L’album a été enregistré entre octobre 2014 et 2016 au studio de Cussy-La-Colonne en Bourgogne. Il porte un esprit roots avec des pointes de blues, jazz, musiques africaines… « J'ai voulu ce premier album vraiment riche en harmonie, mélodie et originalité. Le but n'est pas de reproduire un reggae qui existe déjà. Humblement, j'assume mon intention de vouloir faire quelque chose de différent. J'aime le reggae, et la musique en général, donc j’ai essayé de créer, de mon mieux, un reggae aux influences musique du monde, musique classique, parfois sud-américaine, blues, jazz, africaine… Je suis vraiment content de cet album. Nous ne sommes pas dans le pur reggae, mais, justement, c'est là que je souhaite aller : ouvrir de nouvelles portes. » Plusieurs concerts ont suivi la sortie de l’album et le groupe reprendra la route dès la rentrée, souhaitant également réaliser encore quelques vidéos clips pour apporter des images à leurs sonorités. Ceux de « Positive Direction » et « When I Play Music » circulent déjà sur le web, ouvrant grandes les portes sur l’univers humain et vibrant de Yoha et sa tribu.

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine #55 - août/septembre 2017)

lundi 9 octobre 2017

Génération H tome 3

Le tome 3 de Génération H, Bons à rien sauf à vivre, écrit par Alexandre Grondeau, fondateur du site Reggae.fr, vient de sortir. Toujours aussi authentique, le roman qui donne la parole à la culture du sound system et du hash est, une nouvelle fois, l’occasion de sortir un double riddim. Avec une version new roots produite par Kubix et l’autre dancehall par Dub Akom, les premiers titres sont sortis début juillet. Voilà qui va encore faire beaucoup de bruit !
« Le bilan de Génération H est aussi incroyable qu’inattendu : près de 50 000 lecteurs, les attaques du CSA, la censure de certaines librairies, des tournées partout en France depuis 2013, des salles pleines, comme au Zion Garden d’hiver où nous avons joué deux fois devant plus de 1500 personnes, des clips qui ont plusieurs millions de vues sur la Toile, et, surtout, la rencontre de milliers de lecteurs qui sont entrés dans la grande famille Génération H… Génération H tome 3 est sorti le 25 mai dernier. Il est disponible dans tous les bonnes librairies, celles qui ne nous censurent pas au motif que le livre serait trop subversif, les Fnac, Cultura, Leclerc et Amazon, ainsi que sur le site web de l’éditeur. J’ai commencé à l’écrire avant la sortie du tome 2, Têtes chercheuses d’existence, il y a un peu plus de deux ans et demi. Le titre Bons à rien sauf à vivre résume bien ce que nous étions à l’époque : des fêtards invétérés, amoureux de sound system et de bonne musique, incapables de faire autre chose que profiter de la vie… J’ai choisi Diana Rutherford comme égérie car c’est une chanteuse très talentueuse et adorable. C’est aussi l’épouse de mon frangin Sherkan, le projet reste ainsi en famille. Nous avons sorti, début juillet, les premiers titres de notre nouveau double one riddim, à commencer par Sael, Straika D, Daddy Mory… Le premier, new roots, est produit par l’incroyable guitar hero Kubix, le second, dancehall, par les géniaux Dub Akom. On y retrouve des artistes confirmés, mais également la nouvelle génération, des Français et, très certainement, quelques Jamaïcains… A la base, lors de l’écriture du premier tome, je voulais me faire plaisir en racontant les conneries qu’on avait pu faire à l’époque et rendre hommage à un ami mal en point, afin de lui rappeler nos bons moments. Il m’a fait savoir que la trilogie lui avait rappelé combien nos souvenirs valaient le coup d’être vécus. C’est le plus beau compliment qu’on m’ait fait au sujet de ces romans ! Aussi, tant que la prohibition sera la règle en France, nous entendrons parler de Génération H ! Je crois qu’il est essentiel que les citoyens de ce pays soient traités comme des adultes responsables et non comme des moutons à formater. La promotion du tome 3 se passe bien. Nous avons des lecteurs engagés qui nous relaient partout en France. Nous venons de l’underground et sommes soutenus avant tout par l’underground et les milieux alternatifs… Mon souhait est de continuer à faire rêver mes lecteurs et leur prouver que tout est possible dans ce drôle de monde ! »

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine #55 - août/septembre 2017)

vendredi 6 octobre 2017

The High Reeds

En 2012, Christophe Rigaud, chanteur et guitariste, présentait See The River, réalisé avec Yao Dié à la basse et Djo Toussaint à la batterie. Les premières notes de ce « blue reggae » original sont suivies, trois ans plus tard, par l’album Sounds Of Life, profitant alors pour baptiser les musiciens entourant le chanteur, rejoints par Franck Alibar aux claviers, The High Reeds. Les quatre équipiers ont désormais un nouvel EP en poche, Brother Jones
« Suite à la sortie de Sounds Of Life, nous avons fait une tournée passant par la Bretagne, la Loire et l'Hérault durant l'été 2015. Quelle joie de rencontrer tout ce public réceptif à notre musique ! Nous avons également choisi de raccourcir notre nom pour devenir simplement The High Reeds. Nous avons fait de belles rencontres sur scène en 2016, avec Clinton Fearon ou encore Tiken Jah Fakoly, puis, en juin, nous nous sommes produits en showcase à Paris au Oscillo Studio. Cette date a permis un reportage sur France Ô et d’entrer en contact avec notre label actuel, Dibyz Music. Nous avons également fait la rencontre de notre tourneur, Yanna Prod, fin 2016. Puis, début 2017, nous avons commencé la réalisation du nouvel EP, Brother Jones, qui a vu le jour le 2 juin dernier sur toutes les plateformes de distribution digitale, présenté par le clip éponyme qui circule sur le web. De plus, nous nous produisons dans le métro depuis octobre 2016, après avoir été sélectionnés par les organisateurs du réseau des transports lyonnais. Ainsi, nous avons aussi joué, le 21 juin dernier, devant plusieurs milliers de personnes, sur la grande scène du centre ville, pour un concert qu'on ne risque pas d’oublier ! Nous avons commencé à mettre les chansons de Brother Jones en place en répétitions, puis nous sommes passés à la pré-production début janvier. Tout le processus s'est fait à Lyon. L'enregistrement des prises a eu lieu en mars au Homely Records Studio, chez notre ingénieur du son, Laurent Poussineau, puis le mixage et le mastering ont été réalisés en avril par Pilah, activiste et pionnier bien connu de la scène dub (Kaly Live Dub, Dub Addict). Le choix du format 6 titres permet de présenter de nouvelles chansons tout en laissant entrevoir le futur album. Nous avons la sensation d'être dans une continuité depuis 2012. C'est l'alchimie de nos personnalités qui crée notre son. L'évolution se ressent au niveau des productions et de notre complicité musicale. Pour les prochains mois, nous comptons continuer à travailler sur le futur album avec notre label Dibyz Music, tout en préparant un nouveau set live qu'on ira défendre sur plusieurs dates un peu partout en France avec l'aide de notre tourneur. Comme il y a eu de très bons retours sur l’EP de la part des radios en Angleterre, en Suisse ou encore à la Réunion, et que nous commençons à jouer en Allemagne et à avoir des contacts en Guadeloupe et Martinique, il semblerait que les choses avancent… So forward ! »

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine #55 - août/septembre 2017)

jeudi 17 août 2017

Devi Reed - Roseau Solo

Vous connaissez la voix de Devi Reed grâce au groupe toulousain The Banyans et à ses albums, Steppin’ Forward et For Better Days, qui auront su rassasier nos oreilles de pur reggae roots. Devi a sorti son premier album solo, Essence Of Life, le 19 mai sur le label Khanti Records. Le chanteur ouvre un nouveau chapitre musical et nous en dit un peu plus sur ses futurs projets.

Pour commencer, d’où vient ton nom ?
Devi est mon deuxième prénom et « reed » signifie « roseau » en anglais. C'est une plante qui me parle, car elle plie mais ne rompt jamais. Il y a une fable à propos d'un chêne et d'un roseau… Une grosse tempête arrive et le chêne se moque du petit roseau, mais c’est le chêne qui finit par tomber, alors que le roseau reste debout… Après le grand et majestueux banyan, on peut dire que je reviens en solo en tant que roseau !

Effectivement, on te connaît depuis quelques années comme chanteur du groupe The Banyans, qui a sorti deux albums et donné plus de 400 concerts. Que représente le groupe pour toi ?
Je ne peux pas décrire ce qu’il représente, ce projet m'a tellement apporté ! Ce sont mes premières expériences de scène et de studio, du petit bar du coin au Zénith de Paris, du home studio aux studios Davout… C’est aussi beaucoup de rencontres, de fous rires, de travail, de bonheur, de combat et de persévérance ! Ça m'a permis de réaliser des rêves, d'avancer dans ma passion et de faire passer le message en tournée comme sur album. Se retrouver en studio avec Big Youth ou Johnny Osbourne en Jamaïque, parler de Bob Marley avec Aston Barrett en première partie des Wailers… Forcément, ça restera gravé à vie !

Depuis quand songeais-tu à proposer un projet perso ?
Les Banyans ont une couleur musicale bien précise, du roots reggae universel chanté en anglais. Ça faisait longtemps que je voulais exprimer les influences et inspirations que j'ai depuis tout petit. J'ai grandi entouré de musiciens, avec beaucoup de reggae à la maison, mais aussi du hip-hop, de la soul, de l’électro, notamment avec mon grand frère… Voilà pourquoi, depuis mars 2016, j'ai lancé ce projet sous mon propre nom.

Comment s’est déroulée la réalisation de ce premier EP ?
Certaines compositions datent de quelques années, d'autres sont plus récentes. Après une tournée intense pour le deuxième album des Banyans, j'ai pris le temps de me ressourcer. Je suis parti seul sur une île grecque, c'est là que j'ai écrit le titre « Quoi de Plus Beau ». Après plusieurs semaines en solitaire, j'ai pris conscience de ce besoin d’être en contact avec les autres, de la joie des tournées et des rencontres… A mon retour, j'ai monté les morceaux en guitare/chant, puis j'ai commencé à les jouer en duo acoustique avec percussions. Nous avons fait la première partie de Clinton Fearon et Nâaman. Le public a vraiment bien réagi, ce qui m'a motivé à finaliser les compositions. Nous avons fait une tournée de vingt-cinq dates l’été dernier, ainsi qu'une autre en Angleterre à l'automne…

Avec qui l’as-tu enregistré et où ?
J'ai travaillé principalement avec Tamal sur Paris, entre son home studio et les studios Davout. Nous avions déjà bossé ensemble sur For Better Days. C'est un ami, un ingénieur du son et un beatmaker exactement dans le style que je recherche. J'ai aussi travaillé sur Toulouse avec Clem, batteur des Banyans, qui m'accompagne à la batterie sur ce projet, et Otam, beatmaker, mon autre acolyte. Sans oublier Jay, ancien guitariste des Banyans, qui est notre manager et tourneur.

Pourquoi ce titre d’Essence Of Life ?
J'avais envie de parler de cette essence si puissante et si belle qui vit en nous tous, cette énergie qui nous réunit, sans question de religion, de race ou de sexe. On peut y voir une notion scientifique ou spirituelle. Cet amour existe partout et en chacun de nous. De plus, avec ce projet, je reviens vraiment à mon essence. J'ai eu envie de retrouver l’adolescent qui écrivait des textes en français, qui ne se limitait pas à un style, qui écoutait simplement son cœur, sans se préoccuper du jugement des autres…

Quel est le fil conducteur des sept titres qui le composent ?
Je dirais que c'est l'amour et le respect de soi, la connaissance et la confiance en soi, pour pouvoir connaître et aimer les autres ; on peut retrouver ça dans chaque morceau. Musicalement, il y a une base hip hop, parfois électro, mélangé au reggae. Le dernier morceau est en acoustique, pour finir sur une note plus intimiste.

Avais-tu en tête dès le départ de faire un album court ?
En fait, je suis monté sur Paris pour mettre quelques compositions en place, sans même l'idée de sortir un mini-album. On pensait juste à un ou deux singles… Finalement, après quelques sessions, il y avait de quoi faire un EP. On aurait pu en mettre plus, mais on a préféré garder les titres les plus représentatifs pour découvrir mon univers…

Premier clip avec « Quoi de Plus Beau », comment s’est fait le choix du morceau ?
Je souhaitais sortir d’abord un titre qui rassemble les gens, en français, car presque personne ne m'a entendu chanter en français auparavant ! Pour bien marquer la différence avec les Banyans, c’est le bon premier extrait. Le second clip, « Essence Of Life », est sorti le 28 avril.

As-tu déjà un album en préparation ?
On travaille beaucoup, avec Clem et Otam, pour défendre le projet en live à trois. On sera au Nouveau Casino à Paris, le 19 mai, soir de la sortie, puis au Rototom Sunsplash, Reggae Sun Ska, Zion Garden, ainsi que plein d'autres dates cet été… Le prochain album est en préparation, avec de belles collaborations prévues. Nous testons actuellement de nouvelles compositions en live, pour ne garder que les meilleures !

Que se passe-t-il du côté des Banyans ?
Nous avons récemment pris la décision d’arrêter le groupe. Ça a été un choix long et douloureux, mais réfléchi. Nous sommes tous partis dans différents projets après le second album. Nous avions besoin d'air frais et, maintenant, nos projets nous prennent trop de temps pour continuer le groupe. Nous tenons à remercier tous les gens qui nous ont soutenus, autant le public que les professionnels. Nous n’oublierons jamais cette aventure. Tout ce que l'on a semé est loin d'être perdu et va nous accompagner pour la suite. Nous continuerons à partager le même message, la même vibe, avec nos nouveaux projets respectifs. Comme le dit Monsieur Marley : « When one door is closed, many more is open… ».

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine #54 - juin/juillet 2017)

lundi 14 août 2017

Marcus Gad - Vibrations Australes

Le 14 avril dernier est sorti le premier album de Marcus Gad & Tribe, Chanting, au roots aussi méditatif et spirituel qu’engagé, puisant dans les origines des musiques jamaïcaines autant que dans celles de son île natale, la Nouvelle-Calédonie. Comme un retour aux sources exprimé avec les profondeurs de l’âme. Laissez-vous guider par Marcus Gad dans ce voyage initiatique hors du commun.

Quel est ton âge et d’où viens-tu ?
J'ai 26 ans et je viens de Nouvelle-Calédonie, où j'ai toujours grandi et vécu, bien que j’ai passé pas mal de temps sur la route ces six dernières années. Marcus est mon prénom de naissance. Gad correspond au mois de novembre, ma tribu, une référence astrologique… 

Depuis quand écris-tu des chansons ? Comment en choisis-tu les thèmes ?
J'ai commencé à écrire à l'âge de 17 ans. J'ai différentes manières d'écrire et j'essaie de laisser mon inspiration la plus libre possible. Certaines arrivent d’un seul coup, comme une vision claire, avec paroles et mélodies. Pour d'autres, je prends le temps de traiter un thème avec militantisme, après y avoir réfléchi… Comme « Purify », qui dénonce le système agro-alimentaire, les mascarades du marché de la semence potagère et la destruction des sols à l’échelle planétaire.

De quels instruments joues-tu ?
Je compose principalement avec ma guitare. C'est le meilleur outil pour écrire à la maison et sur la route. Je connais les bases en piano, basse et percussions, juste assez pour mettre en forme mes idées... Pour l'arrangement final de mes compositions, c'est la magie de Tribe qui opère !

Quels sont les rythmes que tu affectionnes ?
J'écoute beaucoup de musiques traditionnelles, de tous les continents, notamment africaines et afro-descendantes. Les rythmes et chants traditionnels sont des références pour qui souhaite faire une musique consciente avec une fondation solide ! En Nouvelle-Calédonie, nous avons le tchap et le ae ae qui sont pratiqués lors des coutumes et cérémonies. Ils sont régulièrement adaptés au kaneka et au reggae, notamment avec l'utilisation du bwanjep, ce battoir à écorce traditionnel que nous entendons et que nous fabriquons dans le clip de « Life Is Precious ».

Ton premier album, Chanting, vient de sortir au mois d’avril, après deux projets courts, Soul Talk en 2015 et Purify en 2016. Quand as-tu senti que le moment était venu de faire un album ?
J'ai enregistré mes deux premiers EPs à Nouméa avec mon ami d'enfance Jun Vandange, dans un appartement qui, au fil des sessions, est devenu le Studio Gadda, qui contribue aujourd'hui grandement au développement de la musique locale. Ces deux EPs ont été très bien reçus chez nous et ont eu un impact jusqu'en métropole. Ça m'a d’ailleurs permis de venir en tournée ici… J'attendais depuis longtemps d'enregistrer ce premier album et je tenais à le faire en conditions live, ce que nous ne pouvions pas faire en Nouvelle-Calédonie… Après la première tournée en métropole avec Tribe, c'était le bon moment pour entrer en studio. D’autant plus que nous avons eu la chance d'enregistrer au Studio Davout à Paris, quelques semaines avant sa fermeture définitive ! 

Quel est ton souvenir le plus marquant de ces sessions au studio Davout ?
Nous avons eu l'honneur de recevoir la visite de Monsieur Ken Boothe en personne ! C'était une belle surprise et un grand moment pour nous tous. On lui a fait écouter « Keep Cool » et il a pris la vibe direct ! Il nous a donné quelques précieux conseils et nous avons eu droit un beau résumé de l'histoire du reggae et de tout le chemin parcouru…

Pour cet album, vous avez choisi de réaliser des prises live en 432Hz au lieu de l’habituel 440Hz. Etait-ce important pour le groupe ? 
On voulait enregistrer de la manière la plus vraie possible, à l'ancienne. Pouvoir mettre dans notre interprétation une intention que l'auditeur pourrait ressentir, que la Tribu soit ainsi bien vivante. Le choix de la fréquence vient aussi de cette volonté d’obtenir un son authentique et unique. Les fréquences font résonner les objets physiques, donc le corps humain, et, selon leur intensité, provoquent une résonance plus ou moins harmonieuse avec le corps. La quasi-totalité de la musique actuelle est enregistrée en 440Hz. Le corps y est habitué. Lorsqu’on écoute une autre fréquence, on ne le remarque pas forcément, mais le corps vibre différemment...

Comment présenterais-tu Chanting ?
C'est un premier album longuement médité. Un voyage à travers plusieurs univers qui explore différents rythmes, en gardant toujours une connexion à la Terre et aux racines. La scène française a pris un tournant moderne très influencé par la culture urbaine qui n'est pas vraiment la mienne… La vibration de Chanting vient des montagnes de la Kanaky dans le Pacifique sud, ce qui en fait un peu un ovni dans le paysage du reggae français…

Les chansons éponymes des deux EPs figurent également sur l’album. Pourquoi ce choix ?
Je suis conscient que de nombreuses personnes vont découvrir ma musique grâce à la sortie de ce premier album. Ces deux chansons sont des pierres angulaires de mon identité musicale. Comme je le disais, « Purify » contient un message que je tiens à faire passer et qu'il n'est pas vain de répéter aujourd'hui !

Comment est venue l’idée d’utiliser un texte de Marcus Garvey et de faire cette chanson « Keep Cool » ?
Je lisais la biographie de Garvey qui mentionnait brièvement que lors de son incarcération, à Atlanta en 1927, il a écrit un texte destiné à être mis en musique, intitulé « Keep Cool », hymne plein d'espoir adressé aux combattants de la cause noire. J'ai immédiatement pensé qu’il devait y avoir au moins une interprétation de cette unique chanson écrite par le Black Moses, mais je n’en ai trouvé aucune... A la première lecture des paroles, la mélodie est venue d’elle-même ! Le texte est chargé d'images fortes et rédigé avec une grande musicalité. La chanson était là, il ne restait qu'à la chanter… C’est un peu comme si j'avais trouvé un trésor !

« The Valley » est le deuxième single et clip issu de l’album. A-t-il été tourné en Nouvelle-Calédonie ?
Non, il a été tourné à La Réunion, lors de notre tournée avec Tribe en décembre 2016, et a été réalisé dans le même esprit que les précédents : donner à voir quelque chose de réel, en mettant le naturel au premier plan. Deux autres clips, tournés, eux, en Nouvelle Calédonie, sortiront bientôt…

Les concerts ont démarré juste après la sortie de Chanting. Comment ça se passe ?
On rend grâce ! Partager la musique sur scène est une expérience forte et enrichissante pour tous. C'est une bénédiction de pouvoir tourner en Europe, quand on vient de si loin ! Le plan de Jah est parfait et je remercie pour chaque instant passé à accomplir mon travail…

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine #54 - juin/juillet 2017)

vendredi 11 août 2017

Nattali Rize - Fréquences Rebelles

Depuis la sortie de « Rebel Love » et de l’EP New Era Frequency, il était certain qu’on allait de plus en plus souvent entendre la voix de Nattali Rize. Son premier album, Rebel Frequency, vient de sortir et il donne vraiment de quoi se réjouir. En tournée avec Protoje, la chanteuse australienne a pris le temps d’échanger avec nous sur sa musique à l’âme rebelle.

Rebel Frequency est disponible depuis le 24 mars en France chez Baco Records. C’est ton premier album sous le nom de Nattali Rize. Quand et comment est né ce projet ?
Rebel Frequency est né d’un profond processus de composition d’une musique jamaïcaine vivante et aussi du désir personnel de continuer à amplifier la voix et l’essence d’une liberté totale. Le besoin inhérent de ne pas juste faire de la musique rebelle, mais de la perpétuer et de la délivrer, en résonnant dans les cœurs et les esprits de tous ceux qui peuvent l’entendre. Les chansons de l’album ont commencé à prendre forme il y a environ deux ans. Certaines sont nouvelles, comme « Hypocrisy », « Fly Away », « Evolutionary »… D’autres un peu plus anciennes...

Qui est Notis Heavyweightrockaz ? Quand avez-vous commencé à faire de la musique ensemble ?
Notis Heavyweightrockaz est un duo basse-batterie. Nous avons commencé à faire de la musique ensemble la nuit où nous nous sommes rencontrés, en 2013, en Australie, quand le batteur de Notis, Unga Barunga, était en tournée avec Jimmy Cliff. J’ai accueilli les membres du groupe chez moi  et nous avons commencé à jammer. Nous avons écrit et enregistré le tout premier single de Nattali Rize & Notis cette nuit-là, « Rebel Love », avec Zuggu Dan qui tournait aussi avec Jimmy comme guitariste. Depuis, nous avons décidé de bosser ensemble à travers le projet Nattali Rize & Notis et avons enregistré l’EP 9 titres New Era Frequency en 2014, à Kingston principalement.

« Rebel Love » est un véritable hit ! Comment avez-vous eu l’idée de transformer « Soul Rebel » de Bob Marley en chanson d’amour ?
« Rebel Love » a été écrite très naturellement, presque toute seule. Nous étions juste en train de chanter et jammer, puis « Soul Rebel » est devenue puissante… En particulier pour moi, car la grande majorité de mes chansons parlent de conscience et de liberté. J’écris rarement des chansons d’amour, celle-ci est un bon équilibre entre amour et âme rebelle, ce qui me correspond bien !

Tu utilises souvent le mot « rebel ». Quel sens ce mot recouvre-t-il pour toi ?
La rébellion est une chose, un sentiment, un mot, une action… qui vient d’un lieu de pensée qui se situe en dehors du paradigme actuel d’oppression des possibilités humaines, c’est-à-dire le capitalisme et les systèmes mondiaux constitués. Il vient de la croyance qu’un autre monde n’est pas seulement possible, mais qu’il se réalise…

Qu’as-tu ressenti en travaillant sur l’album Rebel Frequency ?
Ça a été un gros boulot. Après avoir écrit, enregistré, réalisé les détails et, enfin, fini un album, on ressent une grande émotion, presque comme si son existence était évidente. Rebel Frequency est là depuis un bon moment, peut-être même plus longtemps que je ne le pense…

On retrouve sur l’album les deux combinaisons qu’on a pu découvrir l’année dernière, avec Kabaka Pyramid (« Generation Will Rize ») et Julian Marley (« Natty Rides Again »). Comment avez-vous décidé de faire un morceau ensemble ?
Je suis une grande fan de ces deux artistes. J’ai rencontré Julian en Australie où nous avons tourné ensemble. Quand nous étions à Kingston, je lui ai joué quelques mélodies et il en a choisi une de notre guitariste, OneRebel. Pour Kabaka, nous nous sommes rencontrés la nuit où nous avons enregistré sa partie sur « Generation Will Rize ». J’avais laissé de la place sur cette chanson pour un invité, j’attendais de trouver la bonne voix et la bonne énergie. Quand je l’ai vu chanter à Kingston, avec son style conscient au parfait niveau pour la chanson que j’avais écrite avec Notis, nous sommes allés le voir et il est venu enregistrer. Il y aura certainement d’autres collaborations Rize-Pyramid à venir !

Tu sembles proche de la nouvelle génération à qui on doit le mouvement reggae revival. Dre Island et Jah9 sont présents sur « Evolutionary », Raging Fyah sur « Fly Away »…
Quand tu passes du temps à un endroit, tu te connectes avec les gens qui t’entourent. Pour moi qui suis musicienne, ces personnes sont des artistes, des musiciens, qui forment aussi une communauté consciente en Jamaïque. Je suis reconnaissante que leur talent amplifie les intentions et les fréquences de l’album. Ce sont des artistes et des personnes incroyables !

Y a-t-il d’autres artistes avec qui tu aimerais collaborer ?
Oui, j’aimerais bien chanter avec Ini Kamoze, Burning Spear, Samory I… et beaucoup d’autres !

A l’instar du single « One People », toutes les chansons de l’album parle de l’évolution de l’humanité… De quels changements penses-tu que nous ayons besoin pour aller vers un monde meilleur ?
La vraie révolution se trouve dans l’évolution de nos consciences et de nos esprits. Cela signifie que nous devons apprendre à nous aimer et à nous connaître nous-mêmes, c’est ainsi que nous pourrons connaître et aimer les autres. Notre émancipation personnelle de l’esclavage mental aura inévitablement un effet positif sur l’émancipation de tous. Jusqu’à ce jour, nous allons continuer à avancer ensemble et se rappeler que nous avons le pouvoir de décider de nos destinées, de créer nos propres réalités, de rêver et imaginer un nouveau monde, avec une véritable paix, prospérité et liberté.

Avant Nattali Rize & Notis, tu chantais au sein du groupe australien Blue King Brown, depuis 2006. A quoi ressemblait cette aventure musicale ?
Blue King Brown est ma famille australienne. Il représente mon évolution musicale, depuis jouer dans les rues jusqu’à monter sur de très grandes scènes… Le groupe s’est fait un nom sur toute la planète, bien qu’il ne sorte pas souvent d’Australie, et il continue encore aujourd’hui…

Tu joues en première partie de Protoje en Europe actuellement. Que penses-tu de la France ?
J’aime beaucoup la France ! Les shows avec Protoje sont incroyables. Celui à Paris au Trianon, le 19 avril, est l’un des plus mémorables que nous ayons fait en Europe ces derniers mois ! Le public est très accueillant et soutient vraiment le mouvement. Nous remercions Baco Records et Protoje pour tous ces puissants moments de roots, reggae, rebelle & Rize music !

Pour finir, quelques mots pour les lecteurs de Reggae Vibes…
Continuez à croire en votre capacité à être vos propres maîtres, à vous émerveiller et vous connecter avec vous-mêmes afin que les vibrations positives se projettent dans vos réalités et vos mondes. Vous êtes le futur, écrivez-le avec vos propres mots, pensées et cœurs. Purifie l’intérieur et cela se reflètera sur l’extérieur… Rize !

Simba


(Reggae Vibes Magazine #54 - juin/juillet 2017)

mardi 8 août 2017

Conquering Records

Parmi les bonnes productions récemment parues qu’on doit à notre territoire, le My Enemies riddim est la première instrumentale concoctée par Conquering Records, prolongation logique du très actif Conquering Sound.
En 2010, Ju-Lion crée le Conquering Sound à Avignon, rejoint, deux ans plus tard, par Green Ben. Ces deux passionnés de reggae, collectionneurs de vinyles, sélecteurs, souhaitent diffuser au maximum les musiques jamaïcaines, dans toute leur diversité, des années 1960 à nos jours, avec un faible pour les vibrations conscientes et positives. Ils mettent un point d’honneur à emmener partout avec eux leurs boîtes de 45 tours pour perpétuer la tradition originelle des sound systems. Dès ses débuts, le Conquering Sound se donne pour mission de jouer dans toute sorte de lieux, aussi bien dans des bars que sur de gros festivals, d’accompagner sur scène des artistes de leur entourage et d’alimenter, au fur et à mesure, la box de dubplates. Patko est le premier artiste qu’ils backent régulièrement depuis 2010. Les rejoignent ensuite Sir Jean, puis Natty Jean, et, plus ponctuellement, Soom T, Brahim, Solo Banton, Tiwony, Brother Culture… L’idée de développer, en parallèle, un label du même nom trotte dans leur tête depuis des années. La première sortie qui lance Conquering Records sera la Gun Salute Mixtape avec Sir Jean, en septembre 2016. A peine quelques mois plus tard, une première production fait surface et porte le nom My Enemies, une instrumentale créée par Green Ben, en 2014, à partir d’un sample de la chanson de Yabby You, « Deliver Me From My Enemies ». Ce morceau fait partie des classiques et méritait bien d’être mis en valeur grâce à une instrumentale roots et moderne qui soulignerait son fil conducteur. C’est pourquoi le nom et le visage de Yabby You apparaissent sur tous les visuels qui accompagnent cette série. Six artistes sollicités au fil des rencontres ont participé au projet et Ju-Lion et Green Ben tenaient à être présents lors de chaque session d’enregistrement. Côté jamaïcain, Spectacular et Lutan Fyah ; côté français, Djanta et LMK ; et, également, l’italien Lion D et le Sénégalais Sir Jean. Au bout du compte, le My Enemies riddim est composé de six morceaux, disponibles depuis le 3 février, réunis sur trois vinyles 7’’, ainsi qu’en téléchargement légal, accompagné de la version instrumentale. En vinyles addicts invétérés, ils ne pouvaient pas imaginer ne pas sortir le projet sur galettes ! Nos deux acolytes avouent travailler, depuis déjà un bon moment, sur une seconde instrumentale, tirée d’un autre classique jamaïcain, qu’ils comptent nous révéler dès que la série sera finalisée, tout en bossant sur une nouvelle mixtape… Pendant ce temps, le Conquering Sound est toujours sur les routes, notamment avec Sir Jean. La voie est libre !

Simba


(pour Reggae Vibes Magazine #54 - juin/juillet 2017)